Le choc fulgurant : le crash du S&P 500 en mars 2020
Le marché actions américain a connu en février-mars 2020 un retournement d’une rare violence et rapidité, provoqué par la pandémie de COVID-19. Le S&P 500, qui culminait à 3 386 points le 19 février 2020, a plongé de -34% en seulement 33 séances boursières, atteignant un creux à 2 191 points le 23 mars. Ce déclin est non seulement l’un des plus brutaux de l’histoire moderne, mais aussi le plus rapide jamais enregistré à cette amplitude (SPIVA U.S. Year-End 2020 Report, S&P Dow Jones Indices).
Pour mettre ce choc en perspective, la chute de 2020 a été fulgurante mais concentrée sur un mois et demi, alors que les précédentes grandes crises ont étalé leur déclin sur plusieurs trimestres voire années. Le marché a ainsi effacé près d’un tiers de sa valeur en un temps record, traduisant la panique face à l’incertitude sanitaire, économique et politique sans précédent.
Une récupération éclair : 148 jours pour effacer la chute
La reprise post-crash a été tout aussi spectaculaire. Alors que les crises précédentes ont laissé un goût amer pendant des années, le S&P 500 a effacé ses pertes de mars dès le 18 août 2020, soit 148 jours après le creux. Ce délai est un record absolu : la reprise complète après le krach boursier de 1929 a pris 25 ans, celle de la bulle internet 2000 environ 7 ans, et celle de la crise financière 2008 près de 4 ans (Fama-French 1993, "The Cross-Section of Expected Stock Returns"; Bloomberg, données historiques).
Ce rebond express a surpris nombre d’investisseurs et d’analystes, et a alimenté un phénomène de FOMO (Fear Of Missing Out) massif dans la seconde moitié de 2020, notamment sur les valeurs technologiques.
