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États‑Unis : sanctions contre le marché Xinbi, 52 M$ de crypto bloqués

Le département de la Justice américain a saisi les canaux Telegram de Xinbi et deux portefeuilles contenant 12 M$, tout en bloquant plus de 52 M$ de crypto‑actifs liés au réseau. L’opération, soutenue par le Trésor et Tether, désigne Xinbi comme organisation criminelle transnationale et sanctionne ses fournisseurs technologiques.

SB
Experte crypto & blockchain·jeudi 10 septembre 2026 à 04:31Mis à jour mardi 15 septembre 2026 à 05:566 min
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États‑Unis : sanctions contre le marché Xinbi, 52 M$ de crypto bloqués

Justice US saisit les canaux Telegram et deux portefeuilles de Xinbi

Le 10 septembre 2026, le département de la Justice des États‑Unis a annoncé la saisie des deux portefeuilles numériques utilisés par le marché Xinbi pour recevoir les paiements des fournisseurs, contenant environ 12 millions de dollars en crypto‑actifs. Cette action s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus large qui a identifié 47 portefeuilles supplémentaires, suspectés de servir le blanchiment d’argent au sein du réseau. Selon le mandat non scellé, les autorités ont également ordonné la confiscation des canaux Telegram hébergeant le marketplace, jugés essentiels à la coordination des escroqueries. La Cour de district de Columbia a autorisé ces saisies le 7 septembre, marquant une escalade notable dans la lutte contre les plateformes de fraude en ligne (source : CoinTelegraph).

Les enquêteurs ont souligné que les fournisseurs exploitaient ces canaux pour promouvoir des sites d’investissement frauduleux, des services de recrutement pour des « scam compounds » en Asie du Sud‑Est, ainsi que des opérations de blanchiment d’argent. En ciblant l’infrastructure de communication, les autorités visent à couper les voies de financement qui permettent aux escrocs de fonctionner à grande échelle. Cette approche, qui dépasse la simple arrestation d’opérateurs individuels, reflète une stratégie de démantèlement des marchés numériques illicites. Le département de la Justice a indiqué que l’opération était le résultat d’une coopération inter‑agences, incluant le Bureau du renseignement financier et le Service des enquêtes du Trésor.

Plus de 52 M$ de crypto bloqués dans une opération coordonnée

En parallèle, le département du Trésor, via son Office of Foreign Assets Control (OFAC), a imposé des restrictions sur plus de 52 millions de dollars d’actifs numériques liés à Xinbi Guarantee et à son réseau de vendeurs. Cette mesure vise à geler les fonds afin d’empêcher toute utilisation future dans des activités illicites. Les autorités ont déclaré que les crypto‑actifs bloqués comprenaient des stablecoins, des tokens ERC‑20 et d’autres actifs largement utilisés dans les transactions transfrontalières. Le blocage a été rendu effectif immédiatement, limitant l’accès aux plateformes d’échange américaines et aux services de paiement associés.

Le même jour, le tribunal a validé la saisie des deux portefeuilles contenant les 12 M$ mentionnés précédemment, renforçant la portée de l’opération. Les procureurs ont indiqué que les fonds gelés seraient soumis à une procédure de restitution éventuelle aux victimes identifiées, bien que le processus reste long et complexe. Cette action s’inscrit dans une série d’efforts américains visant à réduire la capacité des réseaux criminels à exploiter les crypto‑actifs pour le blanchiment d’argent, un problème qui a attiré l’attention des régulateurs depuis plusieurs années (source : CoinTelegraph).

Le réseau Xin bi : 24 M$ de transactions depuis 2022, liens avec la Corée du Nord

Le Trésor a révélé que Xinbi avait traité plus de 24 milliards de dollars, en crypto‑actifs et en fiat, depuis 2022, principalement à travers l’Asie du Sud‑Est. Cette ampleur place Xinbi parmi les plus grands facilitateurs de flux financiers illicites dans la région, avec des transactions quotidiennes estimées à plusieurs dizaines de millions de dollars. Le rapport indique également que le réseau a été utilisé par des hackers nord‑coréens et par des entités liées au Prince Group, un conglomérat déjà sous sanctions internationales.

Ces connexions soulignent la dimension transnationale du problème, où des acteurs étatiques et non‑étatiques exploitent les failles du système financier numérique. Le fait que Xinbi ait pu opérer pendant plusieurs années sans être détecté montre les limites des contrôles actuels sur les plateformes de messagerie et les portefeuilles décentralisés. Les autorités américaines ont souligné que la coopération avec les fournisseurs de services de messagerie et les exchanges a été cruciale pour identifier les flux suspects et interrompre les chaînes de blanchiment (source : CoinTelegraph).

Sanctions du Trésor : désignation d’OCTG et ciblage de SafeW et Anwen Technology

Dans le même temps, l’OFAC a désigné Xinbi comme une « significant transnational criminal organization » (OTCO), une qualification qui entraîne le gel de tous les biens américains de l’entité et interdit toute transaction avec des personnes américaines. En outre, deux fournisseurs technologiques ont été sanctionnés : SafeW Technology, basée à Singapour, et Anwen Technology, basée au Cambodge. SafeW aurait fourni une application de messagerie chiffrée à Xinbi dès juin 2025, alors que la pression des forces de l’ordre s’intensifiait.

Anwen Technology est accusée d’avoir développé XinbiPay, également connu sous le nom de NewPay, un portefeuille crypto‑mobile utilisé par les vendeurs du marketplace. Ces outils ont permis aux escrocs de masquer les adresses de destination et de contourner les contrôles KYC traditionnels. En désignant ces fournisseurs, le Trésor vise à couper l’accès aux infrastructures technologiques qui rendent possible le fonctionnement du réseau, un pas décisif vers la neutralisation des plateformes de fraude numérique.

Répercussions sur le secteur crypto et coopération internationale

Le département de la Justice a crédité l’émetteur de stablecoin Tether pour son assistance dans l’enquête, soulignant le rôle croissant des acteurs privés dans la lutte contre le crime financier. Cette collaboration illustre une nouvelle dynamique où les entreprises de la chaîne de valeur crypto coopèrent avec les autorités pour identifier les flux illicites. Par ailleurs, le Royaume‑Uni a déjà imposé des sanctions contre Xinbi le 26 mars, gelant les actifs liés au marketplace sur son territoire et interdisant l’accès à la plateforme.

Ces mesures conjointes des États‑Unis et du Royaume‑Uni marquent une intensification de la pression internationale sur les marchés de crypto‑fraude. Les analystes prévoient que d’autres juridictions pourraient suivre cet exemple, renforçant les exigences de conformité pour les exchanges et les fournisseurs de services de messagerie. Le blocage de 52 M$ de crypto‑actifs et la désignation d’OCTG envoient un signal fort aux acteurs du secteur : les réseaux de blanchiment ne pourront plus compter sur l’anonymat offert par les plateformes décentralisées sans subir de contrôles rigoureux (source : CoinTelegraph).

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