crypto

France enregistre 90 attaques contre les détenteurs de crypto en sept mois

Le ministère de l'Intérieur a recensé 90 cas d’enlèvements, d’extorsions et de vols violents liés aux cryptomonnaies entre janvier et mi‑août 2026, soit une affaire toutes les deux journées et demie. Le phénomène, qualifié de « wrench attacks », s’étend au-delà de Paris et soulève des questions de sécurité majeures pour les investisseurs français.

TM
Analyste financier senior·samedi 10 octobre 2026 à 04:315 min
Partager :Twitter/XFacebookWhatsApp
France enregistre 90 attaques contre les détenteurs de crypto en sept mois

Le ministère de l'Intérieur a enregistré 90 affaires de kidnapping, extorsion, menaces ou vol violent impliquant des crypto‑actifs entre le 1er janvier et le 15 août 2026, soit une nouvelle toutes les deux jours et demi. Ce chiffre, communiqué à CoinTelegraph, place la France en tête mondiale des attaques physiques contre les détenteurs de cryptomonnaies. Les autorités ont également procédé à 223 arrestations et à 126 incarcérations sur la même période, montrant l’ampleur de la réponse policière. Aucun comparatif annuel n’est disponible, le suivi des incidents n’ayant débuté qu’au 1ᵉʳ janvier 2026.

90 attaques contre des détenteurs de crypto en sept mois

Les 90 cas recensés couvrent des enlèvements, des extorsions et des cambriolages où les agresseurs exigent soit le seed phrase, soit un transfert immédiat de fonds. Selon le ministère, 93 % des victimes connues résidaient en France, ce qui indique que les criminels ciblent avant tout les résidents locaux plutôt que les touristes fortunés. Le phénomène s’est propagé au-delà de la capitale, touchant Strasbourg, Marseille, Grenoble, Toulouse et Nantes, comme le confirme Chainalysis.

Jameson Lopp, défenseur de la sécurité Bitcoin, maintient depuis 2014 un registre de plus de 365 incidents dans 60 pays, et la France y figure toujours en tête. Cette concentration reflète, selon lui, la visibilité élevée du pays dans les enquêtes européennes et la densité d’utilisateurs crypto. Le tableau dresse ainsi une image alarmante pour les acteurs du marché français, qui voient leurs portefeuilles physiques menacés.

223 arrestations et 126 incarcérations enregistrées

Le même jeu de données indique 223 personnes arrêtées entre janvier et juillet 2026, dont 126 ont déjà purgé une peine d’incarcération. Ces chiffres traduisent une politique de tolérance zéro de la part des forces de l’ordre, mais ils ne permettent pas de mesurer l’efficacité à long terme, faute de données historiques comparables. Le ministère précise que les dossiers restent en cours d’instruction, ce qui pourrait faire évoluer le nombre de condamnations.

Le nombre d’incarcérations représente près de 57 % des arrestations, un ratio élevé qui souligne la gravité des faits jugés. Les autorités utilisent ces poursuites comme un moyen de dissuasion, bien que les experts en cybersécurité soulignent que la prévention passe avant tout par la protection des données personnelles.

Chainalysis recense 30 incidents violents, le vrai nombre probablement plus élevé

Chainalysis, société d’analyse on‑chain, a comptabilisé 30 incidents violents connus en France jusqu’à la mi‑2026, tout en admettant que le véritable volume était « presque certainement plus important ». Cette sous‑déclaration s’explique par la difficulté à identifier les crimes où les victimes ne signalent pas les faits ou où les preuves sont limitées.

Eric Jardine, chercheur principal chez Chainalysis, a déclaré à CoinTelegraph que la hausse était « very likely due to a significant data breach ». En français, il a expliqué que la fuite de données expose non seulement des informations financières mais révèle également qui possède des cryptomonnaies, où ils habitent et comment les localiser. Cette exposition crée un terrain fertile pour les « wrench attacks ».

Gart.io place la France en tête avec 73 attaques, devançant les USA (66) et le Royaume‑Uni (27)

Le cabinet de cybersécurité Gart.io a suivi 73 attaques en France depuis le début de l’année, dépassant les 66 recensées aux États‑Unis et les 27 au Royaume‑Uni. Cette position de leader confirme le classement de Chainalysis et montre que la France subit plus de crimes physiques liés aux cryptos que tout autre pays étudié.

Les données de Gart.io montrent que les cambriolages à domicile constituent le type d’incident le plus fréquent, avec une hausse notable au premier semestre 2026. Cette évolution indique que les criminels privilégient les cibles où ils peuvent accéder rapidement aux équipements de stockage hors ligne, comme les hardware wallets.

Fuite de données : le facteur déclencheur identifié

Le lien entre les attaques et une fuite massive de données a été mis en évidence par les chercheurs de Chainalysis. Selon Eric Jardine, la fuite a permis aux malfrats d’obtenir des listes de portefeuilles, d’associer chaque adresse à une identité réelle et de planifier des raids ciblés. Cette dynamique contraste avec les formes classiques de cyber‑crime où le vol se fait uniquement en ligne.

Les experts soulignent que la protection des informations personnelles devient dès lors cruciale pour les détenteurs de crypto. Ils recommandent le recours à des solutions de stockage à froid, la diversification des adresses et l’usage de services de mixage pour masquer les liens entre identité et portefeuille.

Répercussions sécuritaires et perspectives pour les crypto‑actifs en France

Face à cette vague de violence, le gouvernement français a annoncé, sans préciser de calendrier, le renforcement des moyens de police dédiés aux cyber‑crimes et la création d’un groupe d’intervention spécialisé dans les « wrench attacks ». Cette initiative vise à réduire le temps de réaction entre le signalement et l’arrestation.

Pour les investisseurs, la situation impose une réévaluation du risque opérationnel. Selon le guide de trading sécurisé de TradeXora, il convient de privilégier les plateformes offrant une assurance contre le vol physique et d’adopter des pratiques de cybersécurité robustes. Le climat sécuritaire actuel pourrait également influencer la demande de services de garde institutionnelle, ouvrant de nouvelles opportunités pour les acteurs du secteur.

Cet article vous a-t-il été utile ?

Commentaires

Connectez-vous pour laisser un commentaire