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Bitcoin : les vendeurs paniqués s'épuisent, le cours se stabilise au-dessus de 62 000 $

Le bitcoin tient les 62 000 $ malgré l'escalade Iran-États-Unis et la faiblesse des marchés. Les flux ETF spot redeviennent positifs après huit semaines de sorties, et la pression vendeuse chute à 53 BTC par jour en juillet, contre 2 000 en juin. Signe que les vendeurs paniqués quittent le marché.

TM
Analyste financier senior·mardi 14 juillet 2026 à 11:016 min
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Bitcoin : les vendeurs paniqués s'épuisent, le cours se stabilise au-dessus de 62 000 $

Le bitcoin se maintient au-dessus de 62 000 $ ce lundi, malgré une escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran et un pétrole en forte hausse. Pour les analystes, cette résistance marque un tournant : les vendeurs paniqués, qui ont pesé sur le marché depuis mars, semblent s'épuiser.

Le bitcoin tient 62 000 $ malgré l'escalade Iran-États-Unis

Le week-end a été agité sur les marchés mondiaux. Les frappes aériennes américaines et la fermeture du détroit d'Ormuz ont fait bondir le brut, tandis que les actifs risqués reculaient. Pourtant, le bitcoin est resté stable au-dessus de 62 000 $, un comportement radicalement différent de celui observé en mars et avril, où des chocs géopolitiques similaires avaient provoqué des ventes massives.

Un trader OTC chez Wintermute a déclaré dans un email cité par CoinDesk que le bitcoin a tenu les 62 000 $ à travers des rounds de frappes aériennes américaines et une fermeture d'Ormuz, sans broncher, ajoutant que les mains faibles ont disparu.

Cette résilience est d'autant plus frappante que le contexte géopolitique s'est brutalement durci. Les tensions entre les États-Unis et l'Iran ont atteint un nouveau sommet avec des frappes aériennes américaines et la fermeture du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. Le brut a immédiatement bondi, et les actifs risqués ont généralement dévissé. Mais le bitcoin, souvent considéré comme un actif risqué, a tenu bon. En mars et avril, des escalades similaires avaient entraîné des ventes massives de bitcoin, les investisseurs fuyant vers des valeurs refuges. Cette fois, la réaction est différente, ce qui suggère que les vendeurs les plus faibles ont déjà quitté le marché.

Les ETF spot bitcoin renouent avec les entrées nettes après huit semaines de sorties

Un deuxième signal vient des ETF spot bitcoin américains. La semaine dernière, ils ont attiré 197,4 millions de dollars nets, mettant fin à huit semaines consécutives de sorties. Le même trader a noté que la série de huit semaines de sorties des ETF est interrompue, un seul tour, pas une tendance, mais le vendeur marginal tarit.

Une analyste chez Nexo a confirmé dans un email que les flux ETF le confirment sous un autre angle, les dix derniers jours se partageant entre entrées et sorties, avec un solde légèrement positif.

Ce retour des flux positifs est significatif car il intervient après une longue période de décollecte. Pendant huit semaines, les investisseurs avaient retiré des capitaux des ETF spot, signe d'une défiance généralisée. Mais la semaine dernière, les entrées nettes de près de 200 millions de dollars indiquent que certains investisseurs recommencent à acheter, même si le mouvement est encore timide. Pour les analystes, cela confirme que la pression vendeuse s'atténue. Le « vendeur marginal » — celui qui est prêt à vendre à tout prix, même en perte — semble s'épuiser. Une fois ce vendeur parti, l'offre se réduit, ce qui peut soutenir les prix.

La pression vendeuse sur le marché spot chute à 53 BTC par jour

Les données on-chain de Glassnode, citées par l'analyste, montrent que la pression vendeuse sur le marché spot s'est considérablement réduite. En juin, les ventes nettes atteignaient en moyenne près de 2 000 BTC par jour. En juillet, elles sont tombées à seulement 53 BTC par jour, le niveau le plus bas de l'année hors avril.

Cette chute brutale suggère que les « weak hands » — investisseurs prêts à vendre à perte — ont été éliminés. Une fois le vendeur marginal parti, il ne reste plus d'offre à ce niveau de prix, ce qui pourrait stabiliser le cours.

Le contraste est saisissant : en juin, les ventes nettes atteignaient près de 2 000 BTC par jour, soit l'équivalent de plus de 120 millions de dollars au cours actuel. Ce rythme de vente était insoutenable et expliquait en grande partie la faiblesse des prix. En juillet, ce chiffre est tombé à 53 BTC par jour, soit une réduction de 97 %. C'est le niveau le plus bas depuis avril, et même inférieur à celui observé en mai. Cette disparition de la pression vendeuse est un signal fort pour le marché. Elle indique que les investisseurs qui voulaient vendre l'ont déjà fait, et que ceux qui restent sont des « mains fortes », peu enclins à céder leurs positions à ces niveaux de prix.

Il est important de comprendre le mécanisme économique derrière cette évolution. Lorsque le prix du bitcoin baisse fortement, comme ce fut le cas avec une chute de 28 % cette année, les investisseurs les moins convaincus ou les plus endettés sont contraints de vendre pour limiter leurs pertes ou faire face à des appels de marge. C'est ce qu'on appelle la « capitulation » des weak hands. Une fois que ces vendeurs ont été éliminés, l'offre se réduit et le marché peut trouver un équilibre à un niveau de prix plus bas. C'est précisément ce qui semble se produire actuellement. Les données de Glassnode montrent que le flux de vente s'est tari, ce qui laisse penser que le pire de la pression vendeuse est passé.

La reprise reste tirée par les dérivés, pas par la demande spot

Malgré ces signaux encourageants, un analyste a mis en garde sur le fait que la demande de bitcoin se redresse rapidement, mais que la croissance est actuellement tirée principalement par les traders particuliers sur le marché spéculatif des futures, tandis que la situation sur le marché spot reste moins positive.

Sans un retour franc de la liquidité acheteuse sur le spot, les prix pourraient rester dans une tendance latérale. Le bitcoin a touché un plus bas annuel à 57 700 $ début juillet avant de rebondir. La reprise actuelle, bien que réelle, repose encore largement sur l'effet de levier et les positions spéculatives.

Cette mise en garde est cruciale. En effet, une reprise tirée par les dérivés est souvent moins solide qu'une reprise tirée par le spot. Les marchés à terme permettent aux traders de prendre des positions avec effet de levier, ce qui amplifie les mouvements de prix mais aussi les risques. Si la demande spot ne suit pas, les prix pourraient rapidement revenir en arrière en cas de débouclage de positions. Les données montrent que le volume des échanges sur le marché spot reste faible, ce qui indique que les investisseurs « réels » (ceux qui achètent du bitcoin pour le conserver) ne sont pas encore de retour en force. La recente hausse est donc fragile.

Pour les investisseurs de long terme, l'épuisement des vendeurs paniqués est une condition nécessaire mais non suffisante. Le marché attend désormais un catalyseur — réglementaire, macroéconomique ou d'adoption — pour relancer une dynamique haussière durable. En attendant, la prudence reste de mise, même si les signaux de stabilisation se multiplient.

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