Le bitcoin recule à 62 600 $ sous l'effet de la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran, qui fait grimper le pétrole Brent de près de 4% et ravive les craintes d'inflation. Les marchés actions européens cèdent 1% tandis que les probabilités d'une hausse des taux Fed en juillet atteignent 36%.
Le bitcoin est tombé à 62 600 $, perdant près de 2% en 24 heures, alors que la reprise des combats entre les États-Unis et l'Iran pousse les investisseurs à fuir les actifs risqués. Le Brent a bondi de près de 4% à un plus haut de quatre semaines, ravivant le spectre d'une inflation persistante et d'un resserrement monétaire américain. Cette escalade survient après une période de relative accalmie qui avait permis au bitcoin de se redresser partiellement depuis ses plus bas de fin juin. La hausse du pétrole, en renchérissant les coûts de production et de transport, alimente directement les anticipations d'inflation, ce qui se répercute sur les marchés obligataires et, par ricochet, sur les actifs numériques.
Le détroit d'Ormuz reste fermé depuis 136 jours
Les attaques contre des pétroliers ont réduit le trafic dans le détroit d'Ormuz, qui transportait environ un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole et gaz avant le conflit. Le détroit est de facto fermé depuis 136 jours, et les paris sur une réouverture avant la fin de l'année sont tombés de 65% à 56%, selon les marchés de prédiction. La probabilité d'une réouverture d'ici la fin du mois est jugée quasi nulle. Cette situation ravive le « Nacho trade » (Not a Chance Hormuz Opens), une stratégie spéculative qui mise sur le maintien de la fermeture du détroit et sur la flambée des prix du pétrole. Les nouvelles attaques de missiles balistiques iraniens contre une base américaine ont encore accru les tensions, rendant tout scénario de désescalade à court terme très improbable. Le détroit d'Ormuz est un point de passage stratégique pour environ 20% du pétrole et du gaz mondiaux ; sa fermeture prolongée perturbe l'ensemble des chaînes d'approvisionnement énergétiques et exerce une pression haussière sur les prix du brut.
Les taux à deux ans montent à 4,28%, la Fed sous pression
La hausse du pétrole alimente les craintes inflationnistes, poussant le rendement du Trésor à deux ans à 4,28%, un niveau qui pèse sur le bitcoin et l'or. Les marchés de prédiction attribuent désormais une probabilité de 36% à une hausse des taux de la Fed dès ce mois de juillet. L'indice CoinDesk 20 a perdu 0,6% sur la période, tandis que les indices boursiers européens reculent d'environ 1% et les futures américains de 0,3%. La hausse des taux obligataires réduit l'attrait des actifs sans rendement comme le bitcoin et l'or, car elle augmente le coût d'opportunité de les détenir. En outre, un resserrement monétaire anticipé renforce le dollar, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les crypto-monnaies libellées en dollars. Le mécanisme est le suivant : lorsque les investisseurs anticipent une hausse des taux, ils vendent des obligations à longue échéance, ce qui fait monter les rendements ; ces rendements plus élevés attirent les capitaux vers les actifs traditionnels, au détriment des actifs spéculatifs. La Fed, confrontée à une inflation persistante, pourrait être contrainte d'agir plus tôt que prévu, surtout si les prix du pétrole continuent de grimper.
L'inflation CPI de juin, test décisif pour les marchés
La publication de l'indice CPI de juin, attendue ce mardi, constitue le prochain catalyseur majeur. Le consensus table sur un ralentissement de l'inflation globale à 3,8% sur un an, contre 4,2% le mois précédent, tandis que l'inflation sous-jacente est attendue stable à 2,9%. Un chiffre inférieur aux attentes pourrait réduire les paris sur une hausse des taux en juillet, tandis qu'un chiffre plus élevé que prévu les renforcerait. Le CPI est l'indicateur d'inflation le plus suivi par la Fed ; une surprise à la hausse confirmerait que la hausse des prix est tenace, justifiant un resserrement monétaire. À l'inverse, un ralentissement marqué pourrait apaiser les craintes et permettre un rebond temporaire des actifs risqués. Les marchés sont donc en suspens, et la volatilité devrait rester élevée jusqu'à la publication des chiffres.
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