L'indice CPI américain a chuté de 0,4% en juin, bien plus que prévu, réduisant à néant les anticipations d'une hausse des taux de la Fed fin juillet. Le core CPI est resté stable, tandis que le gouverneur Chris Waller conditionnait son soutien à une hausse à une baisse de l'inflation sous-jacente.
L'inflation américaine a nettement ralenti en juin, anéantissant les spéculations d'un resserrement monétaire imminent de la Réserve fédérale. L'indice des prix à la consommation (CPI) a reculé de 0,4% sur un mois, contre un consensus de -0,1% et après une hausse de 0,5% en mai. Sur un an, le CPI s'établit à 3,5%, loin des 3,8% attendus et des 4,2% du mois précédent.
Le recul mensuel de 0,4% est le plus important depuis plusieurs années et s'explique principalement par la chute des prix de l'énergie et des biens durables. Les économistes soulignent que cette désinflation rapide pourrait inciter la Fed à adopter une position plus accommodante. En effet, le CPI de mai avait augmenté de 0,5%, suscitant des craintes de reprise inflationniste. Le chiffre de juin inverse complètement cette tendance.
Le core CPI déçoit les faucons de la Fed
L'indice core CPI, qui exclut l'alimentation et l'énergie, est ressorti stable en juin, contre une hausse anticipée de 0,2% et une progression de 0,2% en mai. En glissement annuel, le core CPI atteint 2,6%, inférieur aux prévisions de 2,8% et au chiffre de mai de 2,9%. Cette stabilité mensuelle est particulièrement significative car elle montre que l'inflation sous-jacente, souvent considérée comme plus persistante, s'atténue également.
Cette publication intervient après que le gouverneur de la Fed, Chris Waller, a indiqué hier qu'il serait favorable à une hausse immédiate des taux si le core CPI ne baissait pas dans ce rapport. Les propos de Waller, considéré comme un faucon, avaient fait monter les anticipations de hausse des taux. Le chiffre nul du core CPI anéantit cette perspective et affaiblit la position des partisans d'un resserrement monétaire.
Le core CPI est un indicateur clé pour la Fed car il reflète les tendances inflationnistes durables, hors volatilité des prix alimentaires et énergétiques. Sa stagnation en juin suggère que les pressions sous-jacentes sur les prix s'estompent, ce qui pourrait permettre à la Fed de maintenir ses taux inchangés lors de la réunion de fin juillet.
Les probabilités de hausse de taux s'effondrent
Les marchés avaient intégré une probabilité de hausse des taux en juillet de 42% hier, contre seulement 8% un mois plus tôt, selon l'outil CME FedWatch. Cette hausse rapide des anticipations était alimentée par les commentaires hawkish de plusieurs responsables de la Fed, dont Chris Waller, et par les chiffres d'inflation élevés de mai. Cependant, le rapport CPI de juin a complètement inversé la tendance.
Les probabilités de hausse des taux en juillet devraient chuter à un niveau proche de zéro après cette publication. De plus, les marchés commencent à anticiper une possible baisse des taux d'ici la fin de l'année. Le président de la Fed, Kevin Warsh, doit témoigner devant le Congrès dans environ 90 minutes sur l'état de l'économie. Ses déclarations seront scrutées pour confirmer le changement de cap de la banque centrale.
Le CME FedWatch est un outil basé sur les prix des contrats à terme sur les fed funds, qui permet d'estimer les probabilités de changements de taux. La forte variation des probabilités montre à quel point les marchés sont sensibles aux données d'inflation. La réunion de la Fed des 28-29 juillet sera désormais très attendue pour voir si le comité maintient son statu quo ou envisage un assouplissement.
Réaction des marchés : hausse du bitcoin et des actions américaines
Le bitcoin a prolongé ses gains après la publication, atteignant 63 400 dollars, en hausse d'environ 2% sur 24 heures. La cryptomonnaie bénéficie souvent d'un environnement de taux bas ou stables, car elle est perçue comme un actif risqué et alternatif. Les futures sur indices boursiers américains ont également progressé, le Nasdaq 100 gagnant 1,25%. Les valeurs technologiques, sensibles aux taux d'intérêt, sont particulièrement soutenues par la perspective d'une Fed moins agressive.
Les rendements obligataires ont chuté : le 2 ans américain a perdu 7 points de base à 4,19%, et le 10 ans 5 points de base à 4,56%. La baisse des rendements reflète l'anticipation d'un cycle de resserrement monétaire plus court. L'écart entre le 2 ans et le 10 ans, un indicateur de récession, s'est légèrement creusé, signe que les investisseurs voient une baisse des taux à long terme.
Les marchés actions et obligataires réagissent de manière cohérente : une inflation plus faible réduit la nécessité de taux élevés, ce qui est positif pour les actions (coût du capital plus bas) et pour les obligations (prix en hausse). Le bitcoin, bien que volatil, suit cette tendance en tant qu'actif risqué.
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