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Le pétrole franchit les 100 $ le baril, la reprise des achats chinois pourrait pousser les prix au-delà

Les cours du brut américain ont clôturé à plus de 102 $ le baril, leur plus haut depuis mai, sous l’effet d’une escalade au Golfe Persique et d’une possible relance des importations chinoises. Selon les analystes, la demande chinoise, soutenue par des marges diesel record, pourrait maintenir le rallye et tester les niveaux de guerre.

TM
Analyste financier senior·dimanche 13 septembre 2026 à 04:30Mis à jour jeudi 17 septembre 2026 à 06:295 min
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Le pétrole franchit les 100 $ le baril, la reprise des achats chinois pourrait pousser les prix au-delà

Le mercredi 12 septembre, le prix du pétrole brut américain a clôturé à 102,3 $ le baril, soit le plus haut niveau enregistré depuis mai, alors que les combats s’intensifient dans le Golfe Persique et que la Chine montre des signes de reprise de ses achats. Cette hausse de 1,8 % en une journée reflète à la fois un risque géopolitique accru et une dynamique de demande qui pourrait redéfinir le plafond des prix.

Escalade au Golfe Persique et fermeture de l’oléoduc saoudien

Les attaques répétées contre le pipeline Est‑Ouest d’Arabie saoudite ont contraint le royaume à suspendre le transport de plusieurs millions de barils, créant un « risk premium » que le marché a progressivement réintégré depuis l’échec du protocole d’entente du 17 juin entre Washington et Téhéran (CNBC). Le rétablissement de ce premium a fait grimper le contrat à terme WTI de 50 % depuis son creux estival de 68,55 $, selon les données de FactSet et CNBC.

Bob McNally, président de Rapidan Energy, a rappelé que « The biggest factor containing crude oil prices since this thing started is China's crash diet », soulignant que la réduction massive des importations chinoises a limité la hausse des cours depuis le début du conflit (CNBC, The Exchange). Cette « crash diet » a baissé les achats de 5 à 3 millions de barils par jour, mais les réserves stratégiques de plus d’un milliard de barils de Pékin offrent une marge de manœuvre importante.

La Chine, pivot de la demande mondiale

Selon Rebecca Babin, senior energy trader chez CIBC Private Wealth, le marché n’a pas pleinement intégré le risque d’une demande accrue : « What isn't reflected is the fact that we may actually see a stronger demand pull for crude as refiners start to really try to ramp up in China, tightening the market further », a-t-elle déclaré sur CNBC's "Squawk Box" (CNBC). Cette perspective repose sur la capacité des raffineurs chinois à absorber les marges diesel exceptionnellement élevées, conséquence directe de la perte de capacité de raffinage en Iran et en Ukraine.

Les analystes notent que, bien que les importations chinoises ne reviendront pas aux niveaux pré‑guerre, elles ont déjà rebondi par rapport aux chiffres du printemps, indiquant une volonté de combler le vide laissé par la réduction précédente. Cette reprise pourrait absorber jusqu’à 1 million de barils supplémentaires par jour, selon les estimations internes de CIBC, renforçant la pression haussière sur les cours.

Mécanisme des marges diesel et incitations des raffineurs

Les marges de raffinage du diesel ont atteint des niveaux records, rendant chaque baril de brut acheté très rentable pour les usines chinoises. Babin a expliqué que « Now that these refining margins are so extreme, they literally can't pass it up », les raffineurs sont donc incités à acheter du brut et à injecter le produit fini sur le marché (CNBC, Squawk Box). Cette dynamique crée un effet de boucle où l’augmentation des marges alimente davantage la demande de brut, qui à son tour soutient les prix.

Le mécanisme est amplifié par la capacité de la Chine à puiser dans ses réserves stratégiques, limitant les fluctuations de l’offre intérieure et assurant une disponibilité continue du produit pour les raffineurs. Cette flexibilité contraste avec la dépendance des marchés occidentaux à des flux plus volatils, renforçant le rôle de la Chine comme stabilisateur, voire amplificateur, des prix mondiaux.

Comparaison avec le pic de guerre d’avril

Malgré le rebond actuel, les cours restent en dessous du sommet de guerre de 112,95 $ atteint le 7 avril, lorsque les tensions géopolitiques étaient à leur apogée. Cependant, la trajectoire actuelle montre une convergence entre le risque géopolitique et la demande chinoise, deux facteurs qui, combinés, pourraient pousser les prix vers ce niveau historique.

Les analystes de Bloomberg et du Financial Times, cités dans les rapports de CNBC, soulignent que la persistance du conflit au Moyen‑Orient, couplée à une reprise graduelle de la demande chinoise, crée un scénario où le marché pourrait tester à nouveau les niveaux de guerre, surtout si les marges diesel restent élevées.

Implications pour les marchés de l’énergie

Le rebond du WTI à 102 $ a immédiatement impacté les actions du secteur énergétique, notamment TotalEnergies, qui a vu son cours progresser de 2,3 % à la clôture. Les contrats à terme sur le brut brut européen (Brent) ont suivi, affichant une hausse de 1,6 % pour atteindre 108,5 $, reflétant la corrélation étroite entre les deux références.

En l’absence de nouvelles désescalades au Golfe Persique, les investisseurs devront surveiller les indicateurs de demande chinoise, notamment les rapports hebdomadaires d’importation du ministère du Commerce. Une hausse de 0,5 % des volumes d’importation pourrait suffire à déclencher une nouvelle poussée des prix, selon les modèles de Bloomberg.

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