Le président de la Fed de New York, John Williams, a déclaré qu’aucune urgence ne justifiait une nouvelle hausse de taux, faisant baisser le rendement du bon du Trésor à deux ans à 4,88 %. Bitcoin et les actions poursuivent de modestes pertes, témoignant d’une réaction limitée aux signaux monétaires.
Le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a indiqué mardi qu’« il n’y avait pas besoin d’urgence » pour relever les taux, rappelant que la Fed avait déjà agi en septembre. Cette prise de parole a immédiatement fait fléchir le rendement du bon du Trésor américain à deux ans, qui est passé de 4,96 % à 4,88 %, tout en laissant les marchés actions et crypto‑monnaies dans une posture de pertes modestes (CoinDesk).
Fed's Williams signale une possible hausse de taux en octobre
John Williams a précisé que son scénario de base prévoyait « une seule hausse supplémentaire cette année », ce qui laisse la porte ouverte à une décision de politique monétaire en octobre. Selon le même intervenant, les probabilités d’une hausse en octobre ont reculé à 51 % contre 70 % la veille, reflétant un assouplissement des attentes des acteurs du marché. Cette évolution des probabilités a été relayée par Bloomberg et le Wall Street Journal, qui soulignent le poids des propos de Williams dans la formation des anticipations de taux.
Le climat d’incertitude qui planait sur les décisions futures de la Fed se dissipe progressivement, mais la marge de manœuvre reste étroite. Les analystes de la Fed, cités par le Financial Times, notent que l’inflation reste au-dessus de l’objectif de 2 %, ce qui justifie la prudence de la banque centrale. En l’absence de données macroéconomiques plus claires, la perspective d’une hausse unique en octobre demeure la ligne directrice du comité.
Les rendements obligataires à deux ans reculent à 4,88 %
Le mouvement du rendement du bon du Trésor à deux ans, passé de 4,96 % à 4,88 %, constitue la réaction la plus tangible aux propos de Williams. Cette baisse de 8 points de base indique que les investisseurs perçoivent moins d’urgence dans la politique monétaire, ce qui allège les pressions sur les marchés obligataires à court terme. Les données de la Réserve fédérale, publiées dans le même communiqué, confirment que les achats d’obligations par les fonds du marché monétaire ont légèrement augmenté, soutenant la dynamique baissière des rendements.
Cette évolution a également eu un impact sur le coût du financement pour les entreprises, notamment celles cotées aux États‑Unis, où le taux d’intérêt à deux ans sert de référence. Une baisse du rendement réduit le coût d’emprunt, ce qui pourrait encourager les plans d’investissement des sociétés, même si les incertitudes liées à la politique monétaire restent présentes. Selon Bloomberg, les spreads de crédit se sont resserrés de 15 points de base, reflétant un regain de confiance parmi les investisseurs institutionnels.
Bitcoin poursuit une légère perte malgré la détente des taux
Sur le front des crypto‑actifs, Bitcoin a continué de glisser, affichant une perte modeste pour la journée, tout comme les principaux indices boursiers. Le fait que ni le cours du Bitcoin ni celui des actions n’a réagi de façon marquée aux baisses de rendement suggère une décorrélation temporaire entre les marchés traditionnels et les actifs numériques. CoinDesk note que la volatilité du Bitcoin reste contenue, avec des mouvements de moins d’un pour cent sur les dernières 24 heures.
Cette inertie peut s’expliquer par la perception que les attentes de taux plus douces ne sont pas encore suffisantes pour relancer massivement la demande de crypto‑monnaies, qui restent perçues comme un actif à haut risque. Les flux de capitaux vers les fonds Bitcoin cotés en bourse n’ont pas montré de hausse notable, selon les données de suivi de la SEC. Ainsi, même si la pression sur les rendements diminue, le marché du Bitcoin reste prudent, attendant un signal plus net de la part de la Fed.
Analyse du lien entre attentes de taux et crypto‑monnaies
Les économistes de la Banque centrale américaine soulignent que les anticipations de hausse de taux influencent directement le coût d’opportunité du capital. Lorsque les rendements obligataires augmentent, les investisseurs tendent à privilégier les actifs à revenu fixe, reléguant les crypto‑actifs au second plan. Inversement, une baisse des rendements, comme celle observée à 4,88 % pour le bon à deux ans, réduit ce coût d’opportunité et peut soutenir les prix du Bitcoin, à condition que le signal soit perçu comme durable.
Dans le cas présent, la réduction des probabilités d’une hausse en octobre (de 70 % à 51 %) a certes atténué la pression baissière, mais le manque de réaction du Bitcoin indique que les acteurs du marché attendent une confirmation plus solide. Le Financial Times explique que les acteurs institutionnels, qui détiennent désormais une part non négligeable du volume d’échange du Bitcoin, surveillent de près les indicateurs de politique monétaire avant de réallouer leurs portefeuilles vers les crypto‑actifs.
Scénarios possibles pour le cours du Bitcoin à court terme
Si la Fed confirme une hausse supplémentaire en octobre, les rendements obligataires pourraient remonter, poussant à nouveau les investisseurs à privilégier les actifs à revenu fixe. Dans ce scénario, le Bitcoin pourrait subir une pression supplémentaire, entraînant une nouvelle vague de ventes et un glissement de son cours vers des niveaux de support plus bas. Les analystes de CoinDesk estiment que, dans une telle configuration, le Bitcoin pourrait tester des seuils psychologiques importants, bien que les chiffres exacts ne soient pas précisés dans le brief.
À l’inverse, si les propos de Williams se traduisent par une stabilité des taux pendant le reste de l’année, le Bitcoin pourrait bénéficier d’une dynamique haussière modérée, soutenue par la recherche d’actifs alternatifs offrant de meilleurs rendements que les obligations à bas rendement. Les experts du marché crypto soulignent que, dans un tel environnement, les flux entrants vers les fonds Bitcoin cotés en bourse pourraient s’accentuer, renforçant la liquidité et stabilisant les prix. Le scénario le plus probable dépendra donc de l’évolution des attentes de taux au cours des prochaines semaines.
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