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Strategy : le pari Bitcoin de Michael Saylor peut-il éviter un nouveau crash ?

Le détenteur corporate de Bitcoin le plus important au monde vend pour la première fois des BTC et diversifie son modèle. Retour sur l'histoire d'un pari qui rappelle la bulle internet.

JL
Spécialiste fiscalité & patrimoine·mardi 14 juillet 2026 à 13:383 min
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Strategy : le pari Bitcoin de Michael Saylor peut-il éviter un nouveau crash ?

En mars 2000, Michael Saylor voyait plus de 6 milliards de dollars s'envoler en une journée. L'action MicroStrategy plongeait de plus de 60 %, et le jeune entrepreneur de 35 ans se retrouvait au cœur du crash dot-com. La société a ensuite réglé des accusations civiles de fraude avec la SEC sans admettre ni nier les faits. Aujourd'hui, plus de 25 ans plus tard, Saylor est de retour sous les projecteurs avec Strategy, le plus grand détenteur corporate de Bitcoin, avec 843 775 BTC. Mais le modèle a changé.

De l'accumulation à la gestion active du trésor Bitcoin

Le 29 juin, Strategy a dévoilé un nouveau cadre financier lui permettant de vendre du Bitcoin pour financer des dividendes d'actions privilégiées, renforcer ses réserves de liquidités et racheter des titres. Un virage à 180 degrés pour une entreprise qui, pendant plus de cinq ans, avait juré de ne jamais vendre ses bitcoins. Quelques jours plus tard, Strategy annonçait la vente de 3 588 BTC, sa plus importante depuis l'adoption du Bitcoin.

Pour les évangélistes de Strategy, cette évolution est naturelle : gérer un trésor de plusieurs milliards de dollars nécessite de la flexibilité. Drew Forman, senior vice president et head of strategy chez Talos, explique : « La conversation dépasse le simple achat de Bitcoin pour inclure comment ces positions sont financées, gérées et, si nécessaire, vendues ou monétisées. »

Ce changement de stratégie intervient dans un contexte où Strategy a accumulé une position en Bitcoin si massive qu'elle représente désormais une part significative de son bilan. L'entreprise a utilisé des leviers financiers complexes pour financer ses achats, notamment des émissions d'actions et de dettes convertibles. La vente de Bitcoin pour financer des dividendes et des rachats d'actions marque une évolution vers une gestion plus dynamique de ce trésor, mais soulève des questions sur la pérennité du modèle.

Un modèle financier de plus en plus complexe

Les critiques, eux, y voient une complexité croissante. La dépendance de Strategy aux actions privilégiées, aux obligations de dividendes et aux financements externes rend le modèle plus interdépendant, pas plus résilient. L'entreprise ne se contente plus d'accumuler du Bitcoin : elle a développé une série de stratégies d'ingénierie financière qui divisent investisseurs et analystes. Certains y voient un modèle sophistiqué de trésorerie d'entreprise qui ne peut pas perdre, tandis que d'autres estiment que les risques s'empilent les uns sur les autres.

Le parallèle avec l'ère dot-com est frappant. À l'époque, MicroStrategy n'avait pas causé l'éclatement de la bulle, mais son effondrement en était devenu un symbole. Aujourd'hui, Strategy est au cœur d'une autre expérience financière très surveillée par Wall Street. La question est de savoir si Saylor a appris de ses erreurs passées ou si l'histoire est en train de se répéter.

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